Archives mensuelles : mars 2014

Awa Fadiga tuée par le ministère de la santé et de la lutte contre le sida

Âgée de 23 ans, Awa Fadiga, étudiante, s’exerçait au mannequinat et apparaissait dans des défilés de mode et des publicités à Abidjan en Côte d’Ivoire.
Elle est morte par la faute de personnes négligentes et incapables.

Voici le déroulement très probable mais pas certain de l’agression à Abidjan:
Awa emprunte le soir du dimanche 23 mars vers 21 heures un taxi-compteur pour quitter des 2Plateaux et se rendre à Treichville.
Tout commence au niveau du pont de la gendarmerie d’Agban à Adjamé.
Avec son complice caché dans le coffre arrière, le chauffeur du taxi-compteur lui ordonne de leur remettre tout ce qu’elle a.
Elle refuse d’obtempérer et lutte avec ses agresseurs dans le taxi-compteur.
Les 2 hommes ont le dessus et elle est rouée de coup à l’arme blanche avant d’être jetée hors du véhicule sur le pont de la gendarmerie d’Agban.
Des gendarmes la retrouvent gisant dans une mare de sang, inconsciente vers 21h30 et l’évacuent vers le Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Cocody.

La suite des événements dès l’arrivée au CHU de Cocody, elle, semble sûre et certaine:
Le personnel du CHU exige le paiement d’une somme d’argent avant les premiers soins.
Personne ne peut les payer malheureusement.
Alertée par des passants, la gendarmerie du Mirador d’Adjamé fouille le sac à main et trouve le contact d’un parent d’Awa.
Oui, vous avez bien compris: le sac avait tout son contenu intact car les agresseurs n’ont rien emporté.
La gendarmerie avise les parents qui se rendent aux environs de 13h au CHU de Cocody.
Ils constatent que leur fille n’a bénéficié d’aucun vrai soin et la trouve allongée au sol, saignante et recouverte d’un pagne donné par une femme de ménage.
Cette dernière leur explique qu’elle a elle-même nettoyé la jeune fille.
Les parents d’Awa paye immédiatement pour que la jeune femme reçoive les médicaments nécessaires.
Le CHU leur met la pression pour qu’ils payent les frais d’ambulance pour transporter Awa dans une clinique privée pour faire un scanner.
Et pour cause, le scanner du CHU de Cocody est en panne depuis près d’1mois.
Elle rentre quelques heures après au service de réanimation du CHU où elle décède le mardi 25 mars à 07h.
L’étudiante-mannequin qui a agonisé du dimanche 23 mars à 22h jusqu’au lundi 24 mars à 13h a perdu trop de sang.
Elle a été inhumée le jeudi 27 mars à 13 heures au cimetière de Williamsville.

Version de ses proches
Ses proches affirment qu’elle a passé la nuit sans soin, faute de pouvoir payer.
Son agent confie qu’elle est restée sans soin de 22h à 13h (pendant 15h de temps sans soin) parce que personne ne pouvait payer les soins.

Version du ministère de la santé
Le CHU et le ministère de la santé ont une tout autre version des faits:
Le service de communication de l’hôpital explique qu’Awa a été prise en charge dès son arrivée, en se basant le cahier des admissions tenu par le personnel.
Dans un communiqué, le ministère de la santé et de la lutte contre le sida prétend qu’Awa a reçu les premiers soins médicaux par voie veineuse avec un nettoyage et des soins corporels par les filles de salle à l’eau savonneuse et à l’antiseptique.
Pour Raymonde Goudou Coffie, la ministre de la santé et de la lutte contre le sida, la jeune victime est « décédée suite à une agression inadmissible qui n’engage pas la responsabilité des services de santé. »

Mon avis à moi
Elle sous-entend que la famille et les proches d’Awa Fadiga mentent alors!
Je ne vois aucune raison pour que la famille mente à ce sujet.
Par contre, le CHU et le ministère, eux peuvent mentir pour sauver leur place.
D’après mon expérience personnelle, je peux dire que:
– le SAMU est mal équipé et souvent mal formé (c’est la responsabilité du ministère de la santé)
– l’hôpital vous laisse de côté si vous ne pouvez pas payer les soins (il est surchargé et doit donc agir en fonction des priorités)
– les établissements hospitaliers sont sous-équipés
– le personnel hospitalier est mal payé (les spécialités ne sont pas prises en compte dans les salaires) et n’est pas payé pendant des mois,ce qui fait perdre toute motivation malgré le sacerdoce
– le personnel hospitalier reçoit mal surtout les infirmières (la vie est dure pour tout le monde, pas seulement pour les sages-femmes)

Ma conclusion est que c’est tout le système sanitaire qui est défaillant (pas les médecins et les infirmières) et donc le ministre de la santé et de la lutte contre le sida qui doit rendre des comptes (cette dame qui a le culot de dire que ce n’est pas de la responsabilité des services de santé).
Elle ne manque pas d’air celle-là!

PS:Mon article est plus long que d’habitude parce que je suis révolté par cette affaire.


Recensement Général de la Population et de l’Habitat, faux départ

Le Recensement Général de la Population et de l’Habitat de Côte d’Ivoire, lancé à Bouaké le samedi 15 mars, a commencé officiellement le lundi 17 mars avec un budget de 12 milliards de FCFA.
Il doit être effectué par des jeunes qui sillonneront tout le pays pour récolter des informations dans les ménages en Côte d’Ivoire.
Mais on voit déjà des couacs dans l’organisation du recensement.
D’une part, alors que le recensement devrait déjà avoir commencé, on apprend que ces jeunes recenseurs sont encore en formation, avec 5000 FCFA chacun pour les 12 jours de formation soit 415 FCFA/jour:
Ce qui est trop peu.
D’autre part, ils seront payés 110000 FCFA pour le mois pendant lequel se fera le recensement, y compris les frais de communication, de transport, d’hébergement:
Là ça frise le ridicule.
Si le gouvernement Ivoirien ne revoit pas sa copie, le travail risque d’être baclé à tous les niveaux (à la place des agents recenseurs, qui serait motivé ?).
Pourquoi ne pas augmenter le budget pour mieux payer les jeunes agents recenseurs et avoir des statistiques fiables?


Opération nawa, ça ne fait que commencer

Un important réseau de trafic d’enfants destinés au travail forcé en Afrique de l’Ouest vient être démantelé grace à l’opération Nawa.
Lancée il y a 2 ans par la Côte d’Ivoire et l’ONG Child right, cette opération a permis l’arrestation de 84 personnes impliquées et la libération de 44 enfants.
Ces enfants ont même déjà été placés dans un orphelinat.
Il était temps de réagir car la majorité des enfants travaillant dans les plantations de cacao sont en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Ce trafic est organisé par des étrangers dont des Africains et le pire c’est que les parents de ces enfants sont souvent complices (vu qu’ils reçoivent de l’argent en échange).
Mais Mme Patricia Sylvie Yao, présidente du comité de surveillance de la lutte contre ce trafic, a averti que ce n’est qu’un début pour neutraliser ces négriers d’un nouveau genre.


La police universitaire donne des cours de violences

Après les violences qui ont eu lieu sur le campus de Cocody à Abidjan du fait de la police universitaire, les professeurs sont en grève depuis le 03 mars.
Pendant ces 3 jours, cette police désormais sans leur tenue bleue était regroupée devant son siège.
Les enseignants ont repris les cours ce vendredi 07 mars après avoir obtenu le retrait physique et écrit de cette police (appliqué par Conseil de l’université de Cocody) et la radiation des 20 éléments de cette police universitaire reconnus coupables des violences.
Les professeurs et les étudiants demandent aussi la police nationale sur le campus de Cocody pour assurer leur sécurité.
Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, M Ibrahim Cissé Bacongo a perdu son bras de fer avec la présidente de l’université de Cocody, Madame Bakayoko Ly Ramata.
C’est elle qui avait suspendu provisoirement les activités de la police universitaire sur le campus et promis de saisir le gouvernement pour obtenir son départ.
On se demande quelle formation a reçu cette police universitaire et surtout pourquoi M Ibrahim Cissé Bacongo tenait absolument à les protéger de toute sanction?


Des scalps sur la tête des femmes noires

Les femmes noires détestent leurs cheveux apparemment.
Et les femmes en Côte d’Ivoire comme les autres femmes noires sont déjà devenues des spécialistes en mèches, tissages, perruques et autres artifices pour cheveux.
Maintenant elles utilisent même des mèches humaines qui sont généralement des cheveux de femmes en Inde (comme des scalps modernes!) au lieu des mèches synthétiques qui sont en caoutchouc.
Mais ces mèches « made in India » coûtent cher (facilement 50000F CFA) et on ne sait pas vraiment à qui ces cheveux appartenaient (à une femme malade ou même à un cadavre de la morgue).
Elles veulent être belles et séduire mais à quel prix?


Forum e-handicap

On oublie trop souvent les handicapés quand on parle des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).
D’ailleurs, les sites internet répondant aux normes et donc pouvant être consultés par les handicapés sont rares sur la toile.
Alors qu’il y a une pléthore de sites web ne respectant en rien ces normes du web.
Et ce n’est là qu’un aspect du problème des handicapés dans les TIC.
C’est pour traiter de ce problème souvent minimisé que se tiendra le forum e-handicap à Abidjan du 05 mars au 07 mars 2014.